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Des fonctionnalités dopées au numérique

Tiziano Polito

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De la conception assistée par ordinateur aux codes à barres en passant par les matériaux intelligents et les outils de production, un seul point commun : le numérique. Voilà pourquoi un simple pot de yaourt abrite des trésors de technologie.

On aurait du mal à croire que derrière un objet aussi banal qu'une bouteille d'eau, un pot de yaourt, un flacon de parfum ou une boîte de médicaments se cache, en réalité, un véritable concentré de technologies. Des technologies sophistiquées et dont les objectifs sont, certes, très différents, mais dont le fonctionnement est basé, pour l'essentiel, sur l'emploi du même langage, le langage binaire, à savoir une succession de 0 et de 1. Nous parlons du numérique, bien sûr. Et le numérique est maintenant absolument partout. Avant même qu'il existe, un designer va imaginer forme, dimensions et fonctionnalités d'un emballage, sur son écran au moyen d'un logiciel de conception assistée par ordinateur (CAO) puis il va enregistrer son travail à l'intérieur d'un fichier numérique. Au-delà de la visualisation en deux et trois dimensions, les outils actuels permettent d'aller très loin dans la simulation des couleurs, des rendus, des textures afin d'accélérer autant que possible le processus de décision et passer plus vite à la phase de production. Les logiciels les plus accomplis vont même jusqu'à mettre en « situation » cet emballage sur une étagère de supermarché avec d'autres produits, ou dans une salle de bains pour l'apprécier dans son espace de vente et d'utilisation.

Un emballage étant le résultat d'un processus de décision collectif entre des acteurs qui se situent à différents niveaux de la chaîne comme un designer, une marque et un fabricant et entre les différents services d'une même entreprise tels que les achats, la production, le marketing, le commercial, la standardisation des formats d'échange de fichiers aura permis de transférer rapidement les informations aux différents maillons, parfois à des milliers de kilomètres les uns des autres. Et pour ouvrir ledit fichier nul besoin de disposer de la licence d'un logiciel de CAO, un simple « reader » téléchargeable gratuitement sur internet répondra aux besoins.

Machines-outils

C'est au stade du prototypage rapide que le virtuel laisse, enfin, la place au réel. La succession de 0 et de 1 qui constitue le fichier et qui, finalement, contient le code génétique de l'emballage, servira à guider des machines qui, en quelques heures seulement, créeront des barquettes, des flacons ou imprimeront et découperont des boîtes en carton.

C'est cet objet que le donneur d'ordre examinera, touchera, soupèsera attentivement avant de décider de lancer la production. Et si tel est le cas, nul besoin de tout recommencer, le même fichier servira à piloter les machines-outils qui fabriqueront les moules s'il s'agit d'emballages en plastique ou en verre et les outillages des presses d'emboutissage s'il s'agit d'emballages métalliques. Idem pour les emballages en carton ou en matériaux souples. Dans ce domaine aussi, ce sera toujours à partir des fichiers numériques que le transformateur préparera ses plaques d'impression et ses tables de découpe. Une fois l'emballage fabriqué, le fichier original peut enfin aller se reposer à l'intérieur d'un disque dur.

Le numérique ne quitte pas pour autant la scène. D'autres fichiers prennent la relève. Au stade des opérations de conditionnement, par exemple, la mécatronique constitue l'une des principales évolutions techniques dans le monde des machines. Moteurs brushless, capteurs et robots ont progressivement remplacé les cinématiques mécaniques. Tous ces composants communiquent maintenant entre eux avec un PC industriel et des interfaces homme-machine, toujours au travers du même langage : le langage binaire. Puis, les informations remontent vers les couches supérieures de l'entreprise, par exemple au travers d'un Enterprise Resource Planning (ERP) afin de permettre aux différents services d'accéder aux données de production. Le système d'informations du conditionneur est alors interfacé avec d'autres systèmes, par exemple ceux des fournisseurs pour automatiser les flux d'approvisionnement des emballages et avec les entreprises clientes, pour optimiser la gestion des stocks et la livraison des produits, et ainsi de suite jusqu'au point de vente. Des fichiers et des fichiers, rien d'autre que des fichiers numériques et des flux de données qui transitent par Internet d'un service à un autre, d'une entreprise à une autre, d'une filiale à une autre, d'un bout à l'autre du monde.

Révolution

Et le produit ? Il est, lui aussi, identifié au moyen d'un fichier numérique. Le code à barres imprimé sur un emballage se résume, en effet, à une succession de 0 et de 1 une fois qu'il est lu par un scanner. Dans ce domaine aussi, une révolution se prépare. Déjà utilisés dans le domaine des produits pharmaceutiques, les codes bidimensionnels de type DataMatrix devraient progressivement remplacer les codes à barres traditionnels car ils sont capables de contenir beaucoup plus d'informations. Ce qui, en corollaire, leur permet d'identifier, grâce à l'encryptage d'un code incrémental ou aléatoire, le produit de façon unitaire. La technologie n'aurait sans doute pas plus de retentissement que cela si elle ne pouvait se coupler avec l'usage d'un téléphone portable faisant, finalement, de chacun de nous un émetteur et un récepteur d'informations. Les spécialistes parlent déjà d'Internet de l'objet. Grâce à l'appareil photo incorporé dans son téléphone, chaque consommateur sera en mesure de scanner le code d'un produit pour aller rechercher des informations sur Internet ou une base de données. A la clé, beaucoup d'avantages pour le consommateur qui pourra en savoir plus sur sa crème glacée, en accédant, par exemple, à la liste des substances allergènes, à des conseils de recettes ou encore gérer ses courses aux méthodes de fabrication du producteur alors que le consommateur-citoyen pourra se renseigner sur les émissions de CO2 de son produit, l'existence d'écolabels et, pourquoi pas, s'instruire sur la meilleure façon de valoriser son emballage. Les marques, quant à elles, pourront, grâce à ces bases de données, recueillir des informations très précises sur le client comme ses habitudes de consommation, la fréquence et le lieu de ses achats, le fait qu'il soit ou non intéressé par des promotions en posant ainsi les fondations d'un véritable marketing personnalisé. Le tout, encore une fois, via des fichiers numériques qui transitent d'un téléphone à une base de données.

Diodes électroluminescentes

Mais le numérique réserve beaucoup d'autres surprises. Le papier électronique et autres encres magnétiques donnent, par exemple, de l'intelligence aux matériaux. L'identification par radiofréquence (RFID) peut alors devenir simple à déployer. Et plusieurs laboratoires, dont celui de l'Université de Bath, au Royaume-Uni, travaillent sur les technologies dites Organic Light Emitting Devices (Oled), en français diodes électroluminescentes organiques (Delo), dans le but d'en élargir l'emploi aux produits de grande consommation.

Pour mémoire, ces technologies sont actuellement utilisées dans la fabrication des écrans de téléphones portables et autres iPod. Elles consistent dans des diodes de la taille d'un pixel, de très faible épaisseur (0,5 mm), composées de différents atomes entourés d'une cathode et d'une anode qui permettent de reproduire une lumière colorée sous l'action d'une tension électrique. La baisse des coûts de ces composants et le fait que les diodes reposent sur un support souple comme un film en plastique ont donné des idées aux chercheurs qui voient déjà des applications dans le textile, les luminaires et... l'emballage.

Quand ces recherches sortiront du laboratoire, il sera alors possible d'afficher les derniers résultats des matchs de foot sur une canette de bière, montrer un mini-spot publicitaire sur une boîte de céréales ou faire apparaître un message d'alerte clignotant sur l'opercule d'un yaourt périmé... Et ce, encore une fois, en recourant aux services d'un fichier numérique présent dans une carte mémoire incorporée à l'emballage ou téléchargé par un réseau sans fil. La révolution numérique ne fait que commencer...

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