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Des emballages biodégradables ? Oui mais pas dans quatre ans...

Tiziano Polito

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En votant à la quasi-unanimité un amendement interdisant les emballages en plastique non biodégradables en 2010 (lire 767), les députés français ont semé une belle pagaille. Voici quelques réactions. Un point de vue de Sidel. Ainsi que le texte intégral des réactions des organisations professionnelles de la plasturgie et de l'amendement.

Même le Centre national indépendant d'information sur les déchets (Cniid), plutôt connu pour ses prises de position critiques, a été surpris. Agréablement surpris... mais surpris ! C'est dire que les députés français n'ont pas fait dans la dentelle en votant la semaine dernière l'amendement 863 à la loi d'orientation agricole. Un texte dont une phrase a fait l'effet d'une véritable bombe : « A partir du 1er janvier 2010, la commercialisation ou la distribution de sacs ou emballages en plastique non biodégradables sont interdites sur le territoire français. »

« C'est une très bonne nouvelle, surtout si on recourt à d'autres matériaux que le maïs, qui est trop gourmand en eau », estime Florence Couraud du Cniid. L'association Consommation, logement et cadre de vie (CLCV) trouve, pour sa part, que ce n'est pas assez : « Si l'on peut a priori se réjouir d'une telle disposition », cette mesure est annoncée pour le 1er janvier 2010, alors que « le problème des 15 milliards de sacs de caisses distribués chaque année en France et celui de la prolifération des emballages ménagers doivent être résolus de façon urgente ».

L'association juge, en outre, que « la biodégradabilité n'est pas la solution à tous les maux » et note que cette solution « nécessite tout d'abord certaines conditions techniques particulières pour être efficace et ne constitue pas en elle-même une mesure de réduction des pollutions à la source ».

Irréaliste

Représentée par Pierre Frisch, président du Comité environnement de la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD) et directeur environnement d'Auchan, la grande distribution signale qu'elle « se conformera » à la décision tout en émettant des réserves sur le choix du tout biodégradable. Mais ne parle que des sacs en plastique.

Et c'est bien là que le bât blesse car les députés ont mis, dans un même... sac, emballages et sacs de caisse. Or les deux sujets ne sont pas tout à fait de la même dimension. Difficile de comparer un sac de caisse avec une poche de perfusion utilisée dans le secteur médical ou une bouteille d'eau et autre fût pour matières chimiques. La portée de cet amendement est donc considérable. Alors que la part du biodégradable est infime, quelque 50 milliards d'emballages utilisés chaque année sont en plastique. Soit 1,98 million de tonnes par an.

Les réactions des professionnels sont à la mesure de l'enjeu pour la filière des emballages en plastique. « Il est impossible de les remplacer par des emballages biodégradables d'ici 2010 aussi bien techniquement qu'en termes de délai », plaide Bernard Hérodin, directeur général d'Eco-Emballages, l'organisme en charge de la valorisation des emballages ménagers, qui note qu'il ne s'agit que de la première lecture de la loi. Les députés peuvent revenir sur cette disposition qui « nécessiterait de restructurer l'ensemble de la filière » et qui ne respecte pas la directive 94/62/CE modifiée 2004/12/CE sur les emballages et déchets d'emballages. Notamment sur le plan de la libre circulation des marchandises et de l'équilibre des filières de valorisation.

A la Chambre syndicale des emballages en matière plastique (CSEMP), Françoise Gérardi appuie : « L'idée que nous puissions techniquement et économiquement basculer tous les emballages plastiques en biodégradables au 1er janvier 2010 nous paraît absolument irréaliste ». Ne serait-ce que pour des raisons... réglementaires : « Les questions de compatibilité entre le contenant et le contenu ou de sécurité sanitaire sont essentielles ».

Henri Saporta

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