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Economie circulaire

Des bactéries mangent les composés organiques volatils chez Rexam

Anne Thillaud

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L'explosion des décors sur les emballages pour cosmétiques pousse les industriels à se doter de moyens de traitement des COV de plus en plus importants. Rexam a choisi une voie biotechnologique développée par Socrematic, comprenant une station de lavage et un biofiltre.

Responsable du département déchets chez Socrematic et professeur agrégé de génie chimique à l'université de Sheerbrooke au Canada, Marc Beerli déplore : « Les vernis ce sont des colles et ça bouche les incinérateurs ! » De fait, le site de Simandre (Saône-et-Loire) de Rexam Beauté Métallisation en a fait l'expérience à la fin des années 90. Son incinérateur est inutilisable depuis lors. Le directeur environnement du site, Jean-Claude Marique, s'est donc mis en quête d'une autre solution pour traiter les composés organiques volatils (COV) générés par les cabines de peintures des lignes de vernissage. Cette fois, pour l'usine voisine de Rexam Cosmetic Closures... Attiré vers une voie « biotechnologique » suite à la visite d'une usine allemande, Jean-Claude Marique tente une expérience pilote de trois mois avec Socrematic sur une de ses lignes de vernissage en 1999 puis passe à l'échelon industriel l'année suivante. Il s'agissait de traiter les quelque 41 200 mètres cubes/heure d'air impropre récupérés sur le toit de l'usine par deux gaines d'aspiration.

Particules de vernis

Pour métalliser ou vernir 100 millions d'emballages ou d'accessoires pour des produits de cosmétique ou de parfumerie par an, Rexam utilise les ultraviolets (UV). Cela permet de rendre les vernis moins solvantés et, ainsi, d'obtenir davantage d'extraits secs. Revers de la médaille, l'air en sortie contient particules de vernis et solvants qu'il faut traiter. S'y trouvent pêle-mêle : des butanones, des méthyls, des toluènes, des éthyl benzènes ou encore des xylènes. Socrematic leur oppose alors un système composé d'une station de lavage puis d'un biofiltre, une armée à lui-seul contenant des millions de champignons, de bactéries et de levures. Affamés, ces organismes feront leur miel des derniers composés pouvant nuire à l'environnement.

Si la solution est encore nouvelle en France, elle avait été de nombreuses fois expérimentée au Canada par Marc Beerli. Et les résultats sont à la hauteur des espérances du groupe Rexam. « Le contrôle des émissions est réalisé par un Flam ionisation detector (Fid), suivant la norme NX X43 301, et la valeur moyenne sur une douzaine de prélèvements a été de 36 mg de carbone par mètre cube alors que l'objectif était de 50 mg de carbone par mètre cube », explique Socrematic. Enfin, le premier prix pour l'innovation à l'Environnement 2001, décerné par la Maison de l'environnement de Châlon-sur-Saône, est venu couronner le choix de cette technologie.

Législation européenne

En recourant à cette installation, l'usine de Simandre est en parfaite conformité avec la législation européenne : directive européenne 99/13 du 11/03/99 et française avec l'arrêté Intégré (IC) du 2/02/98 modifié le 29/05/00. Les industriels disposent toutefois encore de trois ans, jusqu'en 2005, pour appliquer l'arrêté 2000 qui assure la transcription française de la directive européenne et prévoit notamment les seuils de rejet de carbone autorisés.

Pour l'heure, la concentration en carbone doit être inférieure à 50 mg par mètre cube en Europe contre seulement 110 mg par mètre cube en France.

Le coût semble également avoir séduit Jean-Claude Marique. « L'investissement de départ s'est élevé à 2,4 millions de francs. Le coût d'exploitation est de 51 985 euros par an. Cela comprend notamment l'eau et l'électricité qui représente le plus gros poste. En effet, le fonctionnement du ventilateur de 75 kW revient à 29 728 euros par an. A cela, s'ajoutent les deux purges annuelles de la cuve tampon et l'évacuation des boues vers un incinérateur, 3 964 euros. Quant à la maintenance, elle s'élève à 6 098 euros par an », détaille Marc Beerli. Dernier détail, la biomasse du filtre doit en principe être renouvelée au bout de quatre ans pour un coût 7 600 euros. L'Ademe a accordé une subvention de 61 740 euros et le conseil régional, de 54 880 euros.

D'ici là, le système fonctionne presque par tous les temps. « Nous avons eu un problème l'hiver dernier avec des températures qui sont descendues jusqu'à moins 14 °C. La purge peut geler, mais la température du biofiltre n'est pas descendue en dessous de 7 °C. Le surtoit permet de le protéger. Quant à l'air sortant de l'usine, il est à une température supérieure à celle de l'extérieur. Aucun risque donc, puisque les bactéries sont actives jusqu'à 4 ou 5 °C », indique Marc Beerli.

Bactéries surveillées

Si Socrematic connaît aussi bien les limites de son biofiltre, c'est aussi parce qu'il le fait fabriquer à façon par son partenaire français Novabio.

Sur site, les bactéries sont enfin étroitement surveillées. « S'il y a trop d'eau, elles se multiplient et bouchent le filtre. A l'inverse, si on les stresse un peu, c'est-à-dire s'il fait un peu plus sec, elles vont manger les solvants », précise Marc Beerli. Rexam semble donc pleinement satisfait de son choix technologique. Si bien que la société voisine propriétaire d'un incinérateur inadapté, Rexam Beauté Métallisation, devrait également s'équiper d'un système avec biofiltre d'ici à la fin de l'année.

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