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Dans la logistique

Gilles Solard

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Un code à barres EAN 128 sur chaque colis ? La question est régulièrement soulevée par les distributeurs et les industriels depuis des années. Pour être finalement éludée et toujours repoussée sine die. Après l'apposition sur les produits du code à barres EAN 13 qui avait révolutionné le passage en caisse dans les années 1970, le marquage des colis se heurte à un certain nombre de difficultés. La mise au point du code EAN 128 proprement dit a d'ailleurs été longue et difficile. Elle est, dans un premier temps, passée par l'utilisation d'un autre code à barres, l'ITF 14, qui permettait de marquer une palette ou un carton, mais celui-ci ne suffisait pas. « Il fallait un code dense et qui soit alphanumérique pour identifier le numéro de lot », explique Alain Tardy, responsable de projets transport & logistique chez Gencod EAN France.

Parmi les codes à barres existants, le code 128 remplissait les critères demandés. Il suffisait d'en faire un standard EAN dont la première version remonte à 1989. Celui-ci comprend le fameux Serial Shipping Container Code (SSCC), une suite de 18 chiffres qui permet d'identifier de façon unique un colis. « Un chiffre primordial et normalisé Iso pour réaliser la traçabilité », souligne Alain Tardy. Depuis, ce code unique s'est enrichi d'une liste complète d'identifiants de données permettant de disposer de l'ensemble des informations requises par les acteurs d'une chaîne logistique : le Global Trade Item Number (GTIN), code de l'identification unique d'une unité commerciale (produit, carton ou palette), est venu compléter les informations fixes de l'étiquette. L'étiquette peut également comporter un certain nombre de données facultatives comme le numéro de lot, la date d'emballage, le pays d'origine et la date limite de consommation ou encore le poids, si celui-ci est variable.

Aussi complète soit-elle, l'étiquette EAN 128 n'avait jusqu'à présent été que partiellement, ou pas du tout, utilisée par les industriels ou les distributeurs. Or, le règlement européen CE 178/2002 sur la sécurité alimentaire stipule dans son article 18 qu'il s'agit désormais de tracer les marchandises. « Les denrées alimentaires et les aliments pour animaux qui sont mis sur le marché dans l'Union européenne, ou susceptibles de l'être, sont étiquetés ou identifiés de façon adéquate pour faciliter leur traçabilité, à l'aide des documents ou informations pertinents conformément aux prescriptions applicables prévues par des dispositions plus spécifiques ».

Dans la mesure où il permet d'assurer cette traçabilité, l'EAN 128 s'est vu rapidement propulsé sur le devant de la scène. Considéré par le Gencod comme une bonne pratique pour appliquer la traçabilité dans la perspective de l'entrée en application, le 1er janvier 2005, du règlement européen 178/2002, l'EAN 128 remporte un certain succès chez les distributeurs. « C'est, à court terme, la solution idéale », souligne Yves Boisard, membre du service qualité de l'enseigne Leclerc. En février 2004, la commission traçabilité du Gencod dévoile une série de recommandations sur le marquage des palettes.

Les industriels ne sont pas prêts

Le marquage des colis est également à l'ordre du jour. « Il nous semble être, à terme, un objectif général à atteindre pour les entreprises », déclare alors Pierre Georget, directeur général de Gencod EAN France. Et pourtant, le marquage des colis est une fois de plus repoussé par les industriels qui prétendent ne pas être prêts tant sur le plan économique que technologique. Sur le plan économique, l'industrie rechigne à investir lourdement dans un système d'étiquetage automatique ou dans l'acquisition d'une machine jet d'encre pour chaque ligne de conditionnement. D'autant que ce marquage ne pourra être lu que par les plates-formes de distribution équipées de systèmes de tri automatique, car on ne voit pas les centres de stockage lire les cartons un à un sans tripler leurs effectifs. Or, ces systèmes de tri ne sont pas légion. L'enseigne Leclerc, la plus en avance dans ce domaine, ne dispose aujourd'hui que de sept trieurs pour seize plates-formes. Enfin, cet investissement se justifie d'autant moins que se profile à l'horizon l'identification par radiofréquence (RFID) susceptible de remplacer le code à barres traditionnel.

Obstacles techniques

A ces freins économiques s'ajoutent des obstacles techniques. Le collage d'étiquettes ne convient pas dans les chaînes logistiques où les variations de température sont importantes. Et, sur les caisses en carton, les trous des cartons de produits frais nécessiteraient de réduire la taille du code à barres et donc d'augmenter sensiblement sa définition. Ce qui n'est pas encore possible actuellement. Quant au marquage direct de grands caractères sur le carton, il reste encore imparfait. « Il faudrait que la technologie de l'encre solide se développe », constate Gérard Serre chez Yoplait.

Il reste néanmoins que le marquage des colis continuera d'être à l'ordre du jour, tout au moins pour les palettes hétérogènes. « Il sera sans doute une exigence de la distribution en 2005 ou 2006 », indique Yves Boisard qui pense notamment à ce service pour assurer la traçabilité des produits fabriqués à l'intérieur des supermarchés, comme le pain. Car, outre la baisse des prix des matériels, aujourd'hui sensible, les freins technologiques sont tour à tour levés. Les nouvelles encres à haute viscosité pigmentaire et la haute résolution offrent un rendu incomparable. Et les papiers recyclés pour caisses en carton proposés aujourd'hui par des cartonniers comme Otor ou le Giepac, plus blancs que les précédents, permettent nettement d'améliorer le contraste de lecture. Enfin, certains acteurs, comme Tiflex qui affiche de grandes ambitions dans le marquage jet d'encre grands caractères, militent pour baisser les exigences du Gencod en matière de relecture des codes à barres. En tout cas, le marquage direct du code EAN 128 sur kraft écru est déjà possible aujourd'hui si l'on en juge par le travail de Panzani. Gageons qu'il sera monnaie courante demain.

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