Nous suivre Emballages Magazine : l'actualité de l'emballage et du conditionnement

Enquête

Convoyage : Netra Systems renoue avec les ambitions

OLIVIER DUCUING

Sujets relatifs :

,
Oubliées les années noires... Le groupe d'ingénierie en convoyeurs de boissons Netra Systems (NTS), coté au second marché, retrouve le chemin de la croissance, des bénéfices et des ambitions. Avec l'objectif de doubler de taille en trois ans, croissance externe incluse.

Pari gagné pour Michel Carlier ! Confronté à de lourdes difficultés entre 2000 et 2002, le président du directoire de Netra Systems (NTS), le numéro un mondial des convoyeurs à air a réalisé un spectaculaire rétablissement au prix d'une réorganisation en profondeur et d'un élargissement de son activité. L'entreprise de Marcq-en-Baroeul (Nord) a publié un résultat net de 2,74 millions d'euros, représentant 7,8 % d'un chiffre d'affaires de 35,16 millions, en hausse de 4,7 % pour l'exercice 2003-2004 clos fin mars. Certes, les dividendes ne sont pas encore pour cette année, compte tenu des pertes cumulées, mais les compteurs sont, cette fois, remis à zéro et les actionnaires devraient enfin être récompensés de leur patience l'an prochain. Le groupe d'ingénierie tire les fruits d'une restructuration lourde qui a dépassé très largement le cadre d'un simple plan social, qui a ramené ses effectifs en France à 96 salariés, et à 171 personnes pour le groupe consolidé. Si NTS a conservé deux centres de production, à Marcq-en-Baroeul pour le convoyage à air et en Belgique pour les convoyeurs mécaniques, l'entreprise a externalisé très largement, notamment en Croatie, les activités les plus basiques depuis deux ans. Ce mouvement sera prolongé, explique Michel Carlier, « avec l'installation d'une unité de sourcing et d'assemblage NTS en Chine dès 2005 ». L'objectif est notamment d'accéder au marché chinois rendu aujourd'hui très difficile par la sous-évaluation du yuan, adossé au dollar. Dans le même temps, NTS a entrepris une standardisation large des éléments constituant l'ossature de ses convoyeurs. Déjà opérée dans le segment des convoyeurs à air, la démarche va se poursuivre dans les convoyeurs mécaniques.

En parallèle à cette nouvelle conception de l'organisation, NTS a modifié le périmètre de son métier. De simple producteur de convoyeur sur coussins d'air issu du groupe de transitique Neu dans les années 80, la société est devenue, avec l'acquisition de la principale branche d'activité du belge Legendre (en redressement judiciaire), un fabricant de convoyeurs mécaniques. Traditionnellement utilisée dans le domaine du verre, cette technologie a été adaptée par NTS aux bouteilles en plastique pleines. Avec succès, puisque NTS a développé cette activité en France, en Espagne, au Maghreb et au Moyen-Orient. Malgré le niveau du billet vert, elle a vendu en 2003 deux lignes mécaniques aux Etats-Unis, un marché stratégique pour le groupe français.

Opérateur global

Désormais, NTS se positionne comme un opérateur global, de la conception à la réalisation du matériel, l'intégration d'équipements périphériques et jusqu'à la formation et le SAV, avec comme concurrents des géants comme Sidel (Tetra Laval) ou Krones. « Aujourd'hui, la plupart des sociétés en Europe comme aux Etats-Unis, à l'instar de Coca-Cola ou de Nestlé, veulent si possible un seul fournisseur pour l'ensemble du convoyage. On recherche des performances très élevées en cadence, en rentabilité, en traçabilité, le prix n'étant pas le facteur clé du succès », analyse le président de NTS, évoquant le nouveau métier d'ingénierie des lignes. « Nous nous recentrons beaucoup plus sur la partie conception, même si nous continuons à produire nos convoyeurs, mais l'activité négoce est de plus en plus importante dans les domaines de l'étiquetage, ou du remplissage », indique Michel Carlier.

La nouvelle polyvalence du groupe français lui permet de se placer commercialement sur des lignes complètes, générant ainsi des contrats dont la valeur moyenne progresse fortement. Alors que le convoyage à air représente un tiers de la valeur d'une ligne de bouteilles en PET, la partie du transport des bouteilles pleines et des fardeaux en représente les deux tiers restants. « Un contrat moyen associant convoyage vide et plein peut atteindre aujourd'hui un million d'euros », se félicite Michel Carlier.

L'avenir s'annonce donc prometteur, selon la direction du petit groupe. Le marché mondial de l'eau et celui du polyéthylène téréphtalate (PET) sont en forte progression. Or, il s'agit bien du coeur de métier de NTS. En 2003-2004, l'entreprise a ainsi réalisé 54 % de son activité dans l'eau contre 33 % en 2002-2003, tandis que les boissons gazeuses entrent pour 29 % contre 38 % l'exercice précédent. Une répartition fort opportune, puisque le marché de l'eau devrait croître de 9 % dans les trois prochaines années, tandis que les soft drinks sont attendues quasi stables. D'autre part, NTS a réalisé pas moins de 93 % de son chiffre d'affaires dans les emballages en plastique. Enfin, c'est sur le segment des combinaisons convoyeurs à air et mécanique que l'entreprise progresse le plus avec une hausse de 32 % en 2004. Signe que la stratégie généraliste s'avère payante...

Nouveaux segments

La diversification envisagée dans les autres conditionnements (verre, métal...) et d'autres produits que les boissons est une piste supplémentaireexaminée depuis deux ans et abordée prudemment. Une étude de marché est en cours pour évaluer les atouts de NTS pour entrer dans de nouveaux segments comme les sauces ou les détergents par exemple, et les conserves ou les canettes en termes de conditionnement. « Avant d'y aller, je veux mesurer les atouts de NTS », note Michel Carlier.

Enfin, le savoir-faire développé dans l'entreprise depuis quelques années dans le domaine des lignes aseptiques, sans guère de succès commercial, commence à susciter l'intérêt. « L'aseptique reste un axe fort, c'est certain. Début 2004, nous avons pris une commande aux Etats-Unis. Par ailleurs, les boissons asiatiques comme le thé ou les thés au lait, qui méritent une considération particulière en aseptique sont à étudier de près », relève Michel Carlier.

D'ores et déjà, sur son coeur de métier, NTS mise sur un essor important. Le carnet de commandes s'affichait fin mars en hausse de 25 %, tandis que le chiffre d'affaires devrait dépasser cette année les 40 millions d'euros. Le groupe nordiste table notamment sur un marché américain porteur dans le domaine de l'eau, malgré l'effet dollar pénalisant - en 2003, la société évalue à un million d'euros l'impact de la chute du dollar sur ses comptes, sur un chiffre d'affaires réalisé outre-Atlantique de 10 millions de dollars. NTS va profiter en année pleine de la relance de Ling (environ 5 millions d'euros) et table sur le développement de ses ventes en convoyeurs mécaniques aux Etats-Unis. Malgré les restructurations des deux dernières années et la réduction des effectifs, NTS est aujourd'hui taillée pour absorber des hausses d'activité sans nécessiter d'embauche, grâce à une organisation très souple et à la sous-traitance.

Michel Carlier envisage dès lors de doubler de taille dans les trois ans. Outre la croissance organique, il compte aussi sur une nouvelle acquisition, permise par la restauration financière de sa situation. « Nous avons remis en état les fondations de la maison. On peut penser à refaire un premier étage, nos fonds propres le permettent », indique le président de NTS, qui affichait une trésorerie nette de 6 millions d'euros fin avril. Cette prise de contrôle devrait intervenir dans le secteur du convoyage mécanique et à l'étranger, auprès d'une entreprise disposant déjà d'une bonne notoriété afin d'acquérir de nouvelles parts de marché.

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news Emballages Magazine


Nous vous recommandons

Quand un recycleur et un hypermarché sensibilisent au tri

Economie circulaire

Quand un recycleur et un hypermarché sensibilisent au tri

La Société générale de recyclage (SGR) a installé un kiosque à collecte de bouteilles plastique sur le parking du magasin E.Leclerc d’Issoudun (Indre). - Sensibiliser les consommateurs au tri des[…]

Peu de pertes pour Vidrala en 2020

Résultats

Peu de pertes pour Vidrala en 2020

Leygatech rebondit avec l’économie circulaire

Economie circulaire

Leygatech rebondit avec l’économie circulaire

Pusterla 1880 conforte sa position en reprenant Adine

Acquisitions

Pusterla 1880 conforte sa position en reprenant Adine

Plus d'articles