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Enquête

Cartonnages : Vincent-Jouret poursuit sa diversification

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Les Cartonnages Vincent-Jouret se sont lancés sur des produits de masse innovants pour échapper à une crise à la fin des années 80. Les investissements ont été engagés aboutissant à dix années de forte croissance. Aujourd'hui, le président de cette société installée en Ardèche souhaite consolider les acquis. Dans un contexte difficile. Rencontre avec Bruno Mirabel.

Plus de 40 millions de francs (6,1 millions d'euros), c'est la somme que les Cartonnages Vincent-Jouret installés à Aubenas (Ardèche) ont investie entre 1993 et 2000. « Nous étions sur un créneau méconnu, le recouvert, et nous venions de subir de plein fouet la crise touchant les arts de la table. Un secteur qui représentait alors 95 % de notre activité », commente Bruno Mirabel, actuel président de la société anonyme - à directoire et conseil de surveillance depuis 1998 - et arrière-petit-fils de son créateur, Etienne Jouret. « Il nous fallait absolument faire parler de notre savoir-faire et, pour cela, nous devions pouvoir l'intégrer à un produit de masse ».

Sans vouloir précipiter les choses, mais en agissant assez vite pour sauver l'entreprise, Bruno Mirabel et son père se mettent à répertorier tous les gestes produits dans l'entreprise et établissent des schémas, pour permettre la mécanisation et ainsi soulager la main d'oeuvre (45 personnes au début des années 80) sur certaines tâches. Le but est atteint rapidement : gagner en productivité tout en rendant les produits suffisamment bon marché pour intéresser de nouveaux clients.

Mécaniser les tâches demande inévitablement d'investir en outil de production. Aussi Bruno Mirabel met-il en place une collaboration avec une société italienne : « il n'existait que trois grands fournisseurs de machines : des italiens, des anglais et des américains. Nous nous sommes tournés vers l'Italie, premier pays dans le recouvert grâce à son activité dans la chaussure ». Plutôt que de simplement acheter ses machines, Vincent-Jouret met à la disposition du fournisseur son savoir-faire en matière de recouvert : « il nous apporte ses machines et nous lui apportons notre connaissance du métier. Nous participons ainsi aux dernières innovations ».

Une première machine est installée dans l'entreprise familiale en 1993. Une deuxième commande interviendra en 1996. Depuis, tous les neuf mois environ, une nouvelle machine italienne rejoint les ateliers ardéchois. Soit six au total sur les huit que compte l'entreprise.

Parmi ces équipements, plusieurs machines à recouvrir Emmeci et Calematic. « Mais nous ne nous sommes pas contentés de mécaniser le recouvert en aval. Nous avons aussi intégré l'activité de découpe, ce qui est rare dans le cartonnage », précise Bruno Mirabel. L'atelier de découpe compte aujourd'hui deux machines à découper le carton et trois pour le papier. « Ces outils nous permettent de réagir très rapidement face à la demande, et sont capables d'alimenter la chaîne sur de grosses séries. Sur deux machines, nous sortons 50 000 feuilles en 16 heures. Ce n'est que 25 % des capacités de cet atelier de découpe », signale Bruno Mirabel. Toujours dans cette logique de diversification, l'entreprise a également acheté, l'année dernière, une deuxième thermoformeuse RV3 de l'allemand Illig. Vincent-Jouret peut ainsi proposer des calages adaptés en matériaux floqués, brillants ou mats. Le cartonnier peut également assurer la pose de fermoirs et de charnières métalliques avec ou sans ressorts, rivet, coup de pouce habillés ou non...

Changer de créneau et innover

En fait, tous ces investissements en matériel découlent de la volonté des Cartonnages Vincent-Jouret de faire évoluer leur stratégie produit. Tirant la leçon du « monoclient », les dirigeants décident de ne plus se concentrer uniquement sur le marché des arts de la table, ils s'orientent vers de nouveaux produits, tels les monocoques et les boîtiers CD. Des efforts particuliers sont mis en oeuvre dans la recherche et développement pour aboutir au dépôt du brevet de la « monocuvette », une boîte faite d'un seul tenant.

« Le secteur de la photographie a été notre premier et plus gros client. Nous réalisons les boîtes de pellicules qui représentent à l'heure actuelle 30 % de notre activité », souligne Bruno Mirabel. Le solde de l'activité se décompose pour 20 % en boîtiers à destination du multimedia et de la vidéo, pour 15 % en coffrets pour la téléphonie mobile, 10 % dans les arts de la table sous forme d'écrins, 8 % dans l'édition, 5 % dans les spiritueux, vins et confiserie, 3 % dans le médical, les 9 % restant étant répartis dans les emballages pour la vente par correspondance, tous secteurs confondus.

Consolider les acquis

Les dix dernières années ont donc été fortes en réorganisation, investissements et innovations chez Vincent-Jouret, conduisant inévitablement à des extensions de locaux - 5 000 m2 couvert sur 7 500 m2 de terrain - et des embauches : 65 salariés en 2000, contre 35 en 1997.

Sur les trois dernières années, le chiffre d'affaires est passé de 28,5 millions de francs (4,34 millions d'euros) à 51,8 millions de francs (7,9 millions d'euros) en 2000. « Maintenant, il s'agit de consolider les acquis même si nous avons encore injecté 2 millions de francs (304 000 euros) cette année », raisonne le président. La nouvelle phase d'investissements massifs n'est pas prévue avant fin 2003 avec une première tranche de 20 millions de francs (3,05 millions d'euros) déjà programmée pour l'agrandissement des locaux et l'achat de matériel : « nous voulons apporter une valeur ajoutée encore plus importante à travers le conditionnement à façon ». En attendant, et après une année 2000 particulièrement favorable avec une croissance de 40 %, l'entreprise familiale sait qu'elle devra faire face à un léger recul.

« Le chiffrage des devis n'a pas été bousculé en début d'année. Nous pouvons nous attendre à une baisse d'activité jusqu'à mi-2002 environ. Nos clients ont surestimé la consommation en 2000 et doivent à présent écouler leurs stocks », estime Bruno Mirabel.

Excentré par rapport au nouveau centre de gravité de l'Europe qui serait plutôt situé en Allemagne, l'entreprise connaît quelques difficultés à gagner les marchés du Nord.

« Les lois sociales rallongent les distances du fait des temps de repos imposés », affirme le chef d'entreprise. Exercer sur un bassin de vie comme Aubenas, à l'écart des grandes villes européennes, pose des problèmes d'acheminement à la fois des matières premières et des produits finis, alors même que la tendance est aux flux tendus : « outre le surcoût de main d'oeuvre, nous avons surtout plus de mal à être réactifs. Un ravitaillement sur Paris qui prenait déjà 24 heures avant, se fait désormais en 48 heures. Alors, soit on travaille le dimanche, soit on déménage ».

Pourtant, contrairement à d'autres entreprises régionales, Cartonnages Vincent-Jouret n'envisage pas la délocalisation pour le moment. Bruno Mirabel veut rester positif. Si le chiffre d'affaires de 52 millions de francs (7,93 millions d'euros) en 2000 devrait être ramené à 45 millions de francs (6,86 millions d'euros) en 2001 et 42 millions de francs (6,4 millions d'euros) en 2002, il prévoit d'atteindre les 85 millions de francs (13 millions d'euros) d'ici 5 ans, avec une production encore plus diversifiée et avoisinant les 20 millions de boîtes par an contre 9 millions aujourd'hui.

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