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Bien gérer la couleur dans le packaging

Par Caroline Neymarc, de la société de conseils Universel Couleurs
Aussi curieux que cela puisse paraître, il n'existe pas de standards d'échanges de la couleur dans l'industrie. D'où la nécessité de mettre en place une stratégie de gestion de la couleur. Caroline Neymarc, de la société de conseils Universel Couleurs, donne quelques clés pour y parvenir.

L es différents systèmes de la chaîne graphique - écrans, imprimantes, presses ou encore systèmes d'épreuves - ne communiquent pas la couleur de la même façon. Résultat : la couleur d'origine n'est pas respectée tout au long de la chaîne. C'est un problème...

C'est pourquoi, en 1993, huit sociétés des arts graphiques créent l'International Color Consortium (ICC). Leur but est de mettre en place un standard de gestion et de communication de la couleur. Ils le veulent indépendant des marques, compatible avec tous les matériels, universel et ouvert. Aujourd'hui, plus de 100 fabricants sont membres d'ICC et la méthodologie de gestion de la couleur est présente dans la plupart des matériels et logiciels graphiques.

Les systèmes graphiques ont tous un langage qui leur est propre : CMJNépreuve, RVBécran, CMJNpresse. Ils ne se comprennent pas entre eux. Le profil est un fichier numérique qui décrit à la fois l'espace colorimétrique d'un système - appelé Gamut -, et le lien qui existe entre le langage du système - CMJN ou RVB - et le Cie L*a*b*. Le Cie L*a*b* est le langage absolu pour décrire toutes les couleurs visibles par l'oeil humain. Cette description est reconnue internationalement et dans tous les métiers - presse, packaging, industrie, etc. De cette manière, on peut faire communiquer tous les systèmes entre eux, en respectant les couleurs sur toute la production et en tenant compte des limites de chaque système.

Ne rien laisser au hasard

Derrière la simplicité du raisonnement de la gestion de la couleur se cache un outil d'une puissance énorme. Un de mes clients a, un jour, comparé la révolution de l'arrivée de la gestion de la couleur à l'arrivée du Mac dans les photogravures ! Je pense, en effet, que si les outils sont prêts, les pratiques quotidiennes et la culture des entreprises nécessitent une évolution. La couleur se professionnalise, ce qui implique une maîtrise des bases fondamentales de la colorimétrie.

Un des prérequis - auquel nous répondons par notre offre de services - est que tous les acteurs de la production travaillent dans une démarche industrielle. Le bon fonctionnement de la chaîne en dépend. Par démarche industrielle, j'entends la mise en place de procédures en vue de stabiliser la production. Il faut établir une prédictibilité des résultats. Une épreuve réaliste et « imprimable » ainsi que des méthodes structurées pour la préparation des fichiers sont essentielles. Une conduite de presse industrielle permet de mieux maîtriser les dérives. Il s'agit de ne laisser aucune place au hasard et à l'interprétation.

Ces méthodes existent dans tous les autres secteurs industriels. Pourquoi pas dans les industries graphiques ? Les conséquences industrielles sont considérables. Une heure de prépresse coûtera toujours moins cher qu'une heure de presse. Trop souvent, le conducteur de presse compense avec sa presse les défauts du prépresse. Alors, il est difficile de tenir un niveau de qualité donné, les temps de calage sont considérablement allongés et les vitesses de roulage plus lentes. Globalement, c'est une perte de temps, d'énergie et de sérénité pour l'ensemble de la chaîne.

On parle beaucoup de multichromie ou de trame aléatoire comme solution pour améliorer la qualité. C'est en effet une très belle opportunité de faire progresser la qualité, mais cela nécessite impérativement que les questions de gestion de la couleur et de stabilité de production soient réglées. J'ai pu constater que certains groupes industriels ou même des donneurs d'ordres se trompaient en voulant compenser une mauvaise maîtrise de la gestion de la couleur par de la multichromie.

L'utilisation d'un standard

Souvent, le créateur du pack ou du décor ne connaît pas la presse sur laquelle il sera imprimé. Or, cette presse a ses propres caractéristiques colorimétriques. Il est donc important que le point de jonction entre tous soit standard. Les particularités de chacun seront ensuite compensées par les profils. Néanmoins, la définition de standards d'impression se heurte à la diversité des supports et des technologies d'impression. Les syndicats et associations professionnels ont un rôle à jouer pour fédérer leurs adhérents à ce type de démarche. L'Association technique de la flexographie (ATF) a créé une commission de normalisation de la flexo. La Commission de normalisation de la communication graphique (CNCG) représente la France à l'ISO. L'European Color Initiative (ECI) regroupe des acteurs hélio et offset du monde de l'édition afin de définir des profils standard pour différents supports. Cette initiative, des plus abouties, présente des intérêts pour le packaging.

Aujourd'hui, la question n'est plus « doit-on intégrer la gestion de la couleur », mais « comment intégrer la gestion de la couleur ». Chacun doit s'impliquer à son niveau : le donneur d'ordres en clarifiant son cahier des charges, le prépresse en communiquant industriellement la couleur et l'imprimeur en rentrant dans un process industriel. Le gain pour tous : la sérénité !

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