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Enquête

Batailles de hautes cadences dans le soufflage du PET

Tiziano Polito

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Quatre constructeurs de souffleuses de bouteilles en polyéthylène téréphtalate (PET) se battent dans le domaine des hautes cadences. A plus de 1 500 bouteilles de 1,5 litre par heure et par moule... Mais au delà des stricts gains de productivité, cette surenchère technologique doit s'accompagner d'une maîtrise toujours plus grande de la qualité.

Aller toujours plus vite. Sans oublier de faire mieux. C'est désormais le mot d'ordre pour les constructeurs de machines de soufflage qui s'affrontent sur le marché, très disputé, de la bouteille en polyéthylène téréphtalate (PET).

Dans l'univers du procédé en deux étapes qui veut que la bouteille soit soufflée à partir d'une préforme injectée, quatre compétiteurs se livrent une guerre sans merci : le français Sidel, qui fait figure de pionnier dans le secteur, son rival éternel Corpoplast, racheté par le suisse Sig à l'allemand Krupp, suivis de l'allemand Krones et de l'italien Sipa.

Lors de K 2001, salon qui rassemblait les professionnels du plastique à Düsseldorf (Allemagne) au mois de novembre dernier, les constructeurs se sont affrontés à coups de compteurs numériques interposés. Sur les stands, les afficheurs installés sur les machines indiquaient les cadences atteintes au cours de démonstrations très suggestives. Ainsi, la SBO 10 de Sidel franchissait allègrement le cap des 2 000 bouteilles par heure et par moule pour une bouteille d'eau de 1,5 litre. Soit une cadence maximale de 20 000 unités par heure pour cette souffleuse équipée de 10 moules. Une performance d'autant plus incroyable que la bouteille choisie ne possédait ni une forme simple, avec son traitement de surface et ses gravures, ni une petite capacité. Mais deux mois auparavant, lors du salon Drinktec de Munich, c'était Sig Corpoplast qui jouait les vedettes après avoir décroché le record mondial de 1 660 bouteilles par heure et par moule lors d'une démonstration réalisée sur des contenants de 0,5 litre...

Mais encore faut-il remettre ces chiffres dans leur juste contexte. De l'aveu même des constructeurs, les records établis lors de ces grandes kermesses ont une valeur purement démonstrative. L'objectif ? Etonner, bien sûr, mais aussi séduire la clientèle en provenance du monde entier. En effet, pour les grands acheteurs que sont les minéraliers, les producteurs de boissons rafraîchissantes et, aujourd'hui, les brasseurs, les hautes cadences sont, avant tout, synonyme de productivité. Donc de baisse des coûts.

Mais une chose est de faire tourner la machine sur un salon professionnel pendant quelques minutes, autre chose est de se confronter à la dure réalité de l'environnement industriel.

Aussi plus officiellement, les constructeurs parlent-ils de cadences mécaniques maximales garanties. A savoir des vitesses que la machine peut atteindre en conditions réelles.

« S'agissant d'une clause contractuelle pouvant se retourner contre nous, il va de soi que nous sommes extrêmement vigilants lorsque l'on fixe ces paliers », explique Bertrand Guillet, responsable de la communication de Sidel.

Environnement industriel

C'est donc seulement après avoir effectué une année de tests que le constructeur havrais a calé la puissance maximale garantie de ses machines sur 1 530 bouteilles. Et ce, pour l'ensemble de la gamme Series2. Les essais ont été menés à Atlanta, pour le compte d'une entreprise américaine.

« Afin d'être certains du degré de fiabilité atteint, nous avons choisi des conditions particulièrement difficiles : la machine a tourné 24 heures sur 24 entre les mains d'un personnel qui n'était pas réputé pour ménager l'équipement », note Bertrand Guillet.

Mais l'époque où Sidel battait ses propres record est bien révolue. La concurrence s'est faite pressante. L'allemand Sig Corpoplast, vingt-cinq ans d'expérience dans le soufflage, affiche, lui aussi, des scores impressionnants. « Nous avons augmenté la cadence maximale garantie de nos machines en passant de 1 400 bouteilles par heure et par moule sur la Série 2, sortie en 1995, à 1 600 bouteilles sur nos machines actuelles, les Blomax Série 3. Les réserves de capacité sont telles que nous pouvons monter aisément jusqu'à 1 800 bouteilles », indique Jean-Claude Maigrot, responsable commercial.

Le constructeur met en avant les évolutions technologiques qui ont permis ces résultats : l'élargissement de l'angle de travail de 260 à 280 degrés pour faciliter l'ouverture du moule, le remplacement des cames mécaniques par des vérins pneumatiques pour mieux contrôler la tige d'étirage, l'allègement du poids des mandrins pour augmenter la vitesse de transfert, l'emploi d'un four linéaire pour chauffer plus rapidement les préformes.

Ces options ont permis de gagner en vitesse et en fiabilité sans pour autant sacrifier le poste, toujours très sensible, des coûts d'exploitation. Bien au contraire. « En optant pour l'étirage mécanique, les coûts liés à l'utilisation du compresseur nécessaire à actionner les vérins sont tout simplement supprimés », note Jean-Claude Maigrot. Résultat : la consommation d'énergie chute de 20 %.

Conception des préformes

D'autres, comme Krones ou Sipa, surprennent par la rapidité avec laquelle ils ont su combler le retard technique qui les séparait des leaders. Krones par exemple, bien connu pour être l'un des spécialistes mondiaux des solutions complètes pour l'embouteillage, du remplissage à la palettisation en passant par le contrôle ou l'étiquetage, était pratiquement absent du marché des souffleuses jusqu'en 1997. « Nous y sommes venus tout naturellement car nous avons senti une réelle demande en provenance de nos clients », explique Stéphane Merle, directeur commercial de la division soufflage.

Et Krones semble bien avoir appris la leçon de ses aînés : la première machine, lancée il y a seulement cinq ans, atteignait déjà la cadence de 1 400 bouteilles par heure et par moule ! Depuis, le constructeur a augmenté la voilure. Proposée à partir du mois de septembre, la Contiform S affiche une puissance de feu de 1 600 bouteilles par heure et par moule. Une première machine, en version 16 cavités, a été installée à Berlin pour le compte de Coca-Cola fin 2001. D'autres commandes sont en voie de finalisation. Et Stéphane Merle de préciser : « pour répondre à la diversité de la demande, nous travaillons sur une solution à 40 stations de soufflage, soit 60 000 bouteilles à l'heure. L'objectif est d'enrichir la gamme existante en proposant des versions allant de 4 à 40 postes de moulage ».

Même dynamique d'approche du marché chez l'italien Sipa. Le leader mondial du procédé intégré, qui veut que l'injection de la préforme et le soufflage de la bouteille se fassent dans la même machine, ne s'est lancé dans le procédé en deux étapes que très tardivement.

En 1999. « Un choix imposé par notre stratégie de diversification qui vise à être présent sur tous les marchés », explique Martina Bottarel, responsable communication du groupe. L'italien a profité d'un réseau commercial bien établi et revendique aujourd'hui plus d'une trentaine d'installations dans le monde pour ses souffleuses SFR à 16 et à 12 cavités.

Et les cadences sont au rendez-vous : 1 400 bouteilles pour les contenants de plus de 1,5 litre. « La connaissance des autres procédés de transformation mais surtout notre expérience dans la fabrication des préformes et des moules nous ont permis d'être très rapidement compétitifs », assure Martina Bottarel. Le point mérite d'être souligné : l'augmentation des cadences est loin de dépendre uniquement des améliorations technologiques apportées aux machines. « Sidel a montré la voie en accumulant un réel savoir-faire dans la fabrication des moules de bouteilles », note Stéphane Merle chez Krones qui s'est aussi lancé dans cette activité. En effet, dès ses débuts, Sidel mettait en place sa propre moulerie qui est devenue la plus importante de sa catégorie avec 12 000 moules annuels. « Sans oublier notre connaissance de la bouteille en PET avec un bureau d'étude de formes qui conçoit 3 000 nouveaux modèles par an », renchérit Bertrand Guillet. La recette du succès semble toujours plus dépendre du savoir-faire capitalisé par les constructeurs dans des domaines variés : la moulerie mais aussi les matériaux ou la conception des préformes et bouteilles. L'augmentation des cadences en dépend étroitement.

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