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Investissements

Barcelone, premier rendez-vous européen de l'ePC

Gilles Solard
En avril dernier à Barcelone, Checkpoint a invité six cents personnes, représentant la grande distribution, l'informatique ou la logistique, pour assister au premier grand sommet européen de l'electronic Product Code (ePC).

De grandes figures de l'ePC, comme Dirk Heyman, directeur de l'Auto ID Center en Europe, l'espagnol Michel Angel Lopera, patron d'EAN International ou Gerd Wolfram de Metro, sont venus les 27 et 28 avril derniers à Barcelone, à l'invitation du spécialiste des systèmes d'identification Checkpoint, pour convaincre leur auditoire d'adopter cette technologie. Une technologie déjà vue sous l'angle d'un grand marché potentiel. Si l'on en croit David Donnan, vice-président d'AT Kearney à Chicago, le marché de l'ePC représentera un chiffre d'affaires de 4,5 milliards de dollars d'ici à 2010-2012.

Les entreprises devront donc investir, mais sans en attendre des retours sur investissement immédiats, soulignait-t-il. « L'ePC est comme un escalier composé de sept marches. Les bénéfices ne débutent qu'à la quatrième, sachant que les trois premières sont fondamentales, à commercer par ePC, ce standard commun ». Technologie de collaboration et de partage de l'information, l'ePC doit cependant rassurer les consommateurs qui « peuvent tuer les bénéfices s'ils ne croient pas à la technologie », prévenait-il.

Metro joue les pionniers

Pour David Donnan, d'AT Kearney, les entreprises ont aujourd'hui trois attitudes différentes vis-à-vis de cette technologie. La première, intitulée « slap and ship », est une attitude minimaliste et négative, que 60 % des entreprises ont adoptée. La seconde (« tighten your belt ») consiste à se « serrer la ceinture ». 35 % des entreprises montrent ainsi du doigt les coûts, mais n'en voient pas les avantages. Reste 5 % des entreprises, qui considèrent la technologie comme un « accélérateur de bénéfices »...

Cette dernière attitude est donc typiquement celle de Metro, la première enseigne du monde à avoir ouvert un magasin équipé de RFID à Rheinberg en Allemagne. Et la première à vouloir « taguer », à partir du 1er novembre 2004, les palettes et les cartons de ses 100 premiers fournisseurs. « La technologie n'aura vraiment de succès que si nous arrivons à des normes communes », soulignait cependant Gerd Wolfram, de Metro.

Miguel Angel Lopera, d'EAN International parlait, de son côté, d'augmenter l'efficacité de la chaîne d'approvisionnement grâce à l'ePC, « dont le succès sera mesuré par le nombre et la taille des applications. Les six à douze mois à venir sont importants », a-t-il estimé. Michel Nieuwesteeg, secrétaire du European Packaging Institute Consortium (EPIC) aux Pays-Bas retient, lui, que le destin de l'emballage et de la RFID sont désormais intimement liés. Un chiffre, cité par l'EPIC : chaque consommateur ouvre la bagatelle de 140 000 emballages au cours d'une vie ! De quoi faire de chaque consommateur un vrai expert en emballage...

Paul Rudolf, de la Food and Drug Administration (FDA) à Washington, insistait sur la contrefaçon des médicaments qui représente 1 % du marché mondial aujourd'hui. « La FDA adoptera la RFID en 2008. Elle sera utilisée couramment à cette date pour garantir la chaîne de fabrication et de distribution. Mais le standard est crucial, car les produits pharmaceutiques contiennent du liquide et du métal ». Et de poser une question : « Quelle est l'interaction des fréquences avec un produit comme l'insuline ? »

Projets pilotes

Pour Georges Lawrie, analyste senior au Forrester Research, le coût des étiquettes, de 47 centimes de dollar aujourd'hui, est en diminution de 11 % par an, mais le problème est le coût de la main d'oeuvre, qui demeurera élevé pendant longtemps. « Que faire ? Des pilotes, comme Wal-Mart pour l'instant », répondait-il. Car l'investissement est élevé : pour expédier 15,6 millions de cartons par an, les coûts de mise en place de la RFID sont supérieurs à 9 millions de dollars la première année, dont 7,6 millions pour les seuls tags...

Pour Falco de Jong, de la société Logica CMG, la RFID fait partie d'autres technologies comme le biométrique, le Wifi ou les capteurs, qui font converger le monde physique et le monde numérique. Lui aussi souligne le problème de la standardisation, notamment de l'UHF en Europe, mais « le plus grand risque est de ne rien faire. Il faut investir dans des projets pilotes », estime-t-il.

Pour Matt Sawtelle, directeur RFID de Church and Dwight, la RFID est une réalité. Un test de 30 jours à New Jersey avec des produits liquides ou emballés dans du papier métallisé a permis de mener avec succès une expérience pilote. « Mais, si nous n'obtenons pas une lecture à 100 %, nous reviendrons au code à barres », prévenait-il. Idem pour Patt Rizzoto, de Johnson & Johnson, indiquant que le futur est aujourd'hui. Parce que le secteur sanitaire est idéal pour tester cette technologie, un pilote fonctionne dans trois hôpitaux. Malheureusement, les contraintes réglementaires freinent la technologie. Le sommet de Madrid ne s'est donc pas contenté d'asséner des vérités sur un standard ePC qui n'est pas définitivement établi. Il aura aussi permis de mesurer des difficultés et de lister quelques questions qui ne reçoivent pas encore de réponse aujourd'hui...

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