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Avec Bausch & Lomb, Laboratoires Chauvin dope son site d'Aubenas

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La fusion avec l'américain Bausch & Lomb entraîne une réorganisation des principaux sites de production de Laboratoires Chauvin. L'unité d'Aubenas (Ardèche) se spécialise dans le conditionnement des collyres et des pommades ophtalmologiques avec 8 millions d'euros d'investissements.

Pour 244 millions d'euros, l'américain Bausch & Lomb, géant mondial de l'ophtalmologie, reprenait, en juillet 2000, Laboratoires Chauvin implanté à Aubenas (Ardèche), un spécialiste européen des traitements médicaux et chirurgicaux innovants dans le domaine de l'ophtalmologie. Présent sur les trois secteurs d'activité dans les produits de prescription en ophtalmologie que sont les anti-glaucomateux, les anti-inflammatoires non stéroïdiens et les anti-allergiques), dans la chirurgie ophtalmique, avec les implants pliables et implantations capsulaires, et dans les produits de médication familiale avec les collyres antiseptiques, les produits d'entretien de lentilles de contact, la dermatologie, ou encore les produits vétérinaires sous la marque Biocanina, Chauvin occupait, en effet, le premier rang européen du secteur après avoir injecté 19 millions d'euros en 10 ans.

« Grâce à ces investissements, Chauvin dispose d'outils de production et d'emballage dédiés et parfaitement adaptés aux principaux standards de conditionnement », explique Jacques Lacombe, directeur industriel Europe du nouveau groupe Chauvin-Bausch & Lomb. Loin de rompre avec cette volonté de rationalisation, l'arrivée de Bausch & Lomb lui donne une nouvelle ampleur.

Rationalisation des coûts

« La rationalisation de nos coûts de recherche et l'harmonisation de la production se font désormais au niveau mondial. C'est la raison pour laquelle nous réorientons l'activité de nos unités européennes en vue d'améliorer la productivité et la logistique. Un nouveau dispositif dans lequel Aubenas va jouer le rôle de plaque tournante de distribution », souligne Jacques Lacombe. Avec les quatre sites de production d'Aubenas en France, Romford en Grande-Bretagne et Rudolstadt en Allemagne pour les produits pharmaceutiques, ainsi que Toulouse (Haute-Garonne) pour les produits chirurgicaux, Chauvin élabore et commercialise ses produits dans plus de 120 pays. A Aubenas, le groupe occupe deux sites distincts, l'un en centre ville et l'autre sur la zone d'activités économique des Ripautier en périphérie, soit 6 500 mètres carrés au total.

« Aubenas présente l'avantage d'être proche de nos laboratoires de Toulouse et Montpellier avec une position centrale au plan européen. C'est l'analyse des potentialités propres à chaque unité qui a guidé cette réorganisation du groupe. A Rudolstadt, par exemple, il aurait fallu engager d'importants moyens financiers pour mettre aux normes européennes un site ancien qui est aujourd'hui dépassé. Nous avons donc décidé de construire une nouvelle plate-forme industrielle et logistique près de Berlin pour assurer les opérations de production, de conditionnement, de stockage et de distribution en direction de l'Europe du Nord et de l'Est pour les produits semi-finis en provenance d'Aubenas. En fait, nous avons toujours misé sur l'internalisation des services dès que c'est possible. Le site allemand hérite également de la production de pommades ophtalmiques et servira à l'étiquetage et à l'habillage de l'ensemble de nos produits dans plusieurs langues et selon le pays de commercialisation », explique Jacques Lacombe.

Conséquence de cette délocalisation, Aubenas devrait doubler son volume de production d'ici à 2003 pour atteindre 55 millions d'unités contre 31 millions à l'heure actuelle. « Dans ce cadre, nous augmentons la surface de nos locaux de 3 500 mètres carrés dont le tiers sera affecté aux salles blanches. Nous allons installer les équipements, le matériel de production et de contrôle en provenance des sites qui ferment leurs portes. Aubenas LCV (Laboratoire Centre Ville), qui était dédié à la production de pommades ophtalmiques avec 5 millions d'unités produites par an et de collyres lyophilisés avec 1 à 2 millions d'unités par an, voit son activité éclatée entre Berlin pour les pommades et Aubenas Ripautier pour les collyres. Sur cette activité, les objectifs de production vont être portés de 7 à 25 millions d'unités grâce à l'embauche d'une trentaine de nouveaux salariés.

Flexibilité et standardisation

« Nous avons 5 lignes de remplissage différentes qui correspondent chacune à un conditionnement spécifique. Une ligne Bottlepack pour nos flacons en polyéthylène 5 et 10 millilitres multidoses pour les barrettes 5 corps, ligne unidose, lignes otologique et minidose pour la gamme Minims jusque-là élaborée au Royaume-Uni. Un travail qui se déroule en grande partie en salle propre selon des procédures conformes à la classe 100 - garantie de stérilité du produit, de l'emballage et du laboratoire de conditionnement - particulièrement contraignantes en matière d'équipement des salariés qui sont tous habillés de combinaisons étanches. Quant aux matières premières utilisées, l'eau constitue plus de 97 % de nos besoins avec plus d'une centaine de principes actifs et de composants différents dont certains peuvent coûter jusqu'à 458 euros le gramme », avance le directeur du site d'Aubenas, Philippe Lacombe.

La modularité de la production reste pour Chauvin une priorité : « Nous devons être en mesure de réaliser indifféremment des petites et des grandes séries. Certains clients peuvent commander des lots de 2 000 unités, alors que pour d'autres commandes nous pouvons atteindre les 100 000 unités livrables sous 48 heures. Il est donc impératif de disposer d'équipements rapides et flexibles en conditionnement en atmosphère modifiée. Le temps de réponse doit être de l'ordre du quart d'heure pour les petites séries et de la demi-heure pour les plus importantes avec la possibilité de réaliser de 10 à 15 séries différentes chaque jour ».

Quant aux contenants, ils sont tous fabriqués à base de polyéthylène ou de polypropylène pour un volume compris entre 0,2 millilitre (conditionnement unidose) et 10 millilitres (conditionnement multidose et Bottlepack) pour les collyres, de 3 à 10 grammes pour les pommades.

La préparation des commandes est entièrement informatisée. Les demandes des officines et hôpitaux arrivent sur l'ordinateur central de Chauvin ce qui permet une production ajustée. Les emballages sont étiquetés avant la phase de remplissage pour faciliter ensuite le conditionnement des lots par client.

Transfert d'activité sur Aubenas

« L'ensemble des opérations de fabrication des différentes solutions (hors synthèse), mise en contenant (répartition) et pose d'étiquettes, seront réalisées sur le site même et, au final, la nouvelle salle de conditionnement aseptique abritera neuf lignes de conditionnement contre deux à l'heure actuelle. Sur nos lignes de production, la quasi-totalité des machines sont des prototypes conçus pour nous. Nous fabriquons aussi nos conditionnements Bottlepack à Aubenas avec une Rommelag, le reste des emballages, unidoses, barrettes, polyéthylène et cartons pour les étuis sont sous-traités », ajoute Philippe Lacombe.

Qui ajoute : « Toujours dans cette optique de rationalisation de nos différents sites, nous avons décidé de transférer à Aubenas les équipements présents à Romford vu les faibles volumes qui y étaient réalisés et l'importance des coûts fixes d'exploitation ».

Un transfert difficile à réaliser et qui fait l'objet d'un plan de communication spécifique destiné à la formation et à l'information de l'ensemble du personnel de production d'Aubenas, 76 personnes à l'heure actuelle. « Nous avons constitué des groupes de 10 personnes qui vont suivre un programme spécifique sous forme de vidéos explicatives pour que ce transfert s'effectue dans les meilleures conditions. Chacun de ces groupes étant affecté à une mission bien précise, le groupe numéro 3 devra, par exemple, préparer l'installation des équipements en provenance de Romford. Ce dispositif devrait favoriser la validation et la mise en route rapide de nos nouvelles unités. Les premiers tests s'échelonneront entre juin 2002 et février 2003 », conclut Jacques Lacombe.

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