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Alcan au coeur d'une bataille boursière lancée par Alcoa

ARNAUD JADOUL

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L'américain Alcoa, numéro deux de l'aluminium, a lancé une offre hostile sur le numéro trois, le canadien Alcan, pour retrouver son leadership mondial et contrôler 20% du marché. Mais cette fusion pourrait poser des problèmes de concurrence. Des compagnies minières sont également à l'affût. Une scission des activités d'emballage est envisageable.

Une offre des géants miniers australo-britanniques BHP Billiton ou Rio Tinto sur Alcoa, ou une initiative du canadien Alcan -fort de ses abondantes liquidité - était possible... L'américain, numéro deux mondial de l'aluminium, a pris les devants en s'attaquant à son concurrent canadien, numéro trois du secteur. Après « deux années de pourparlers infructueux », Alcoa a lancé une offre publique d'achat (OPA) hostile sur Alcan, pour un montant de 33 milliards de dollars (24,3 milliards d'euros), dette comprise. Ce mariage donnerait naissance à un géant de 54 milliards de dollars de chiffre d'affaires avec quelque 190 000 personnes dans 67 pays et une capacité de production de 7,8 millions de tonnes d'aluminium par an, loin devant les 4 millions de tonnes de Rusal, le groupe issu de la fusion des russes Rusal et Sual et du suisse Glencore en mars dernier. Mais rien n'est fait ! Si l'assaut d'Alcoa valorise Alcan 30% au-dessus de son cours moyen sur le mois écoulé, le canadien invite ses actionnaires à attendre que la direction « formule une recommandation officielle ». Des actionnaires d'Alcoa, Jana Partners par exemple, prônent d'autres solutions, y compris une scission. Autorités de la concurrence L'opération, qui, selon Alain Belda, le Pdg d'Alcoa, pourrait être finalisée d'ici la fin de l'année, doit aussi obtenir le feu vert des autorités de la concurrence de plusieurs pays, notamment le Canada, les Etats-Unis, la France, l'Australie et le Brésil. Ce qui n'est pas acquis, car l'entité contrôlerait 28% du marché mondial de l'alumine et 20% de celui de l'aluminium. Quand bien même les deux groupes ont cédé du terrain depuis 1998 -leurs parts atteignaient alors 47 et 29% de ces marchés-, face à la consolidation du secteur et à l'émergence d'acteurs mondiaux tels que Rusal et le chinois Chalco. L'ensemble détiendrait aussi un quasi-monopole -autour de 85%- dans l'aéronautique. L'avionneur européen Airbus s'est d'ailleurs déclaré préoccupé par ce projet qui « pourrait altérer négativement le développement, le prix et la fourniture de matériaux ». Au Québec (Canada), où Alcan compte 8 000 salariés, et où le gouvernement a consenti d'importants avantages en matière fiscale et dans l'approvisionnement en énergie hydraulique, le dossier « est suivi de très près ». Mais Alain Belda est prêt à des cessions ciblées d'actifs et, pour rassurer le camp canadien, il promet d'investir « significativement » au Canada, de maintenir un siège à Montréal, à côté de celui de New York, et d'installer certains centres de décision au Québec. En revanche, il ne lève aucune inquiétude en France où Alcan emploie 20 000 salariés environ. Après le choc du rachat de Pechiney, les craintes portent sur l'aéronautique, les sièges mondiaux de deux activités à Paris et l'emballage, moins rentable. D'autant qu'Alcoa a annoncé il y a deux semaines explorer des « stratégies alternatives » pour sa propre activité packaging et que son patron assure parvenir à un milliard de dollars d'économies annuelles d'ici à trois ans, dont seulement 20% dans les achats. Les investisseurs parient toutefois sur une bataille boursière. Outre BHP Billiton et Rio Tinto, qui n'ont pas renoncé, d'autres compagnies minières comme le brésilien CVRD ou le britannique Anglo American pourraient surenchérir pour se diversifier en aval dans les produits finis, sans avoir de problèmes de concurrence. Pour l'emporter, Alcoa devrait relever son offre d'au moins 10%, estiment-ils.

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